L’ÉDITO GJK : L’HÉMYCICLE DU MEILLEUR ET DU PIRE

@Lesplumes 12 mars 2018 0
L’ÉDITO GJK : L’HÉMYCICLE DU MEILLEUR ET DU PIRE

Par GJK
L’Élève Certifié du Village Guitilitimö
Immigré au village frère de KOUÂKÊMBI

Pourquoi ne pas s’inspirer finalement, du récent vote des membres du bureau de l’Assemblée Nationale, pour établir et consacrer définitivement par une loi, cette authentique et inattaquable tradition moderne, qui consiste à utiliser au mieux toutes les nouvelles technologies de l’information et de la communication, dans le but de faciliter et d’assurer la diffusion rapide auprès du public, au fur et à mesure, bureau de vote par bureau de vote, des résultats consolidés de toutes les élections politiques – en particulier les législatives et la présidentielle -, qui seront désormais organisées en RCA?

Ainsi pourrait-on être sûr par exemple, sinon d’éviter, du moins de limiter en amont, les éventuels dégâts que nous promettent apparemment la proclamation des résultats de la présidentielle de 2021 qui pointe à l’horizon, présidentielle que, nous laisse-t-on entendre, les candidats de l’opposition seraient déjà programmés pour perdre, alors que le candidat sortant au pouvoir, l’emporterait sans difficultés. Naturellement, au moyen de fraudes ordurières et grossières dont les conditions d’organisation seraient en permanence étudiées sans scrupules et sans élégance comme dans le passé, par des esprits machiavéliques et des mains habiles et insoupçonnables.

Cela dit, si tant est qu’on veuille absolument trouver un point positif au scrutin qui vient de se tenir ce 9 mars 2018 dans l’enceinte de l’hémicycle parlementaire à Bangui, on ne pourra retenir uniquement, que la manière avec laquelle les résultats ont été proclamés et publiés. Un tableau rêvé de transparence électorale et de démocratie.

Au demeurant, l’ambiance générale de corruption qui a prévalu et entouré l’organisation et le déroulement de ces élections intra-parlementaires, témoigne une fois de plus, du désastre moral de l’ensemble de la classe politique centrafricaine, qui sans doute, a réussi l’exceptionnel exploit d’ériger l’immoralité et l’absence totale d’éthique sociopolitique, au premier rang des normes qui régissent ce pays. Et c’est dans cette boue puante, que tout le monde patauge, sans qu’il ne s’en dégage apparemment aucune odeur répugnante.

Que dire a posteriori, du naufrage politique de tous ceux que l’on considère comme les grands perdants de ce renouvellement de bureau à l’assemblée nationale ?

Tout d’abord, osons avouer clairement, sans acrimonie ni esprit d’animosité, que le sort des battus, n’intéresse après tout qu’eux-mêmes. Et personne, vraiment personne, ira se plaindre au point de se laisser émouvoir jusqu’aux larmes de ce qui leur arrive. Une très belle expression en sango – notre langue nationale -, suffit largement à tout résumer : kamba ti cöcö a kanga cöco. Et sans chercher à traduire ce dicton de peur de le trahir, on pourrait dire clairement que les perdants ont creusé de leurs propres mains, le trou dans lequel ils y sont tombés. Bref, ont été pris, ceux qui croyaient prendre impunément et éternellement.

Cependant, il semble qu’en politique, l’on ne meurt jamais. Ou plus exactement, l’on meurt et ressuscite généralement de nombreuses et diverses manières, avant de s’éteindre définitivement. Dès lors, on peut aisément imaginer, que les perdants d’aujourd’hui, se sont simplement assoupis et attendent patiemment, quand viendra le moment pour eux, de rebondir et de revenir dans le jeu par les mêmes voies tortueuses dont ils ont le secret.

Au fait, pourquoi parle-t-on de perdants et de gagnants, dès lors que l’ensemble des députés de cette assemblée nationale – à l’exception notoire de la minorité qui se situe radicalement dans l’opposition -, semble appartenir à la « mouvance présidentielle », ce vocable inventé pour désigner un ramassis de politiques sans conviction ?

Pour tout dire, si d’un côté les députés qui soutiennent fermement le Président de la République Faustin Archange Touadera dit FAT, et de l’autre des députés proches de Karim Meckassoua dit KM, en arrivent à former deux groupes différents se réclamant paradoxalement tous les deux de la mouvance présidentielle, c’est à la vérité, qu’il y’a un groupe de trop, un groupe qui ment à son chef.

Et comme par hasard, je lisais tout dernièrement, que la « vraie » mouvance présidentielle serait constituée par les « Cœurs unis ». Franchement « Coeurs unis » dites-vous ? Mais quelle manque d’inspiration ? Une appellation qui n’est pas sans rappeler des associations de quartier du genre « soeurs unies », « frères unis », « salut les copains »…etc. Rien dans cet intitulé, qui fasse penser, qui laisse sous-entendre, transpirer ou soupçonner un tant soit peu, la connotation politique et le caractère sérieux de cet agglomérat fait de bric et de broc.

Déjà, certains députés du fameux groupe « Cœurs unis », se sont lancés dans des spéculations et des prédictions qui laissent augurer d’une « cohabitation » difficile au sein du nouveau bureau de l’assemblée nationale. D’autres, plus cyniques, n’hésitent pas à promettre à l’actuel Président de l’assemblée nationale centrafricaine, le sort qui fut celui de son lointain prédécesseur, Maurice Méthot sous le règne du président André Kolingba ; ou il n’y a pas si longtemps, le stratagème juridique imparable, minutieusement élaboré par Abdoulaye Wade au Sénégal, pour éjecter Macky SALL, alors président de l’assemblée nationale sénégalaise à l’époque. Pour y parvenir, il suffirait aux députés centrafricains, d’une simple initiative parlementaire visant à faire passer le mandat du PAN de cinq à un an. Du coup, les parlementaires seraient habilités à se prononcer à intervalle régulier sur le sort du président qu’ils se sont librement choisis. La suite, on la connaît.

En tout état de cause, Karim Meckassoua, cette fauve des buissons politiques centrafricaines extrêmement touffues, attendra-t-il patiemment que le ciel lui tombe sur la tête et que la terre se fende à ses pieds et l’engloutisse ?

Que chacun s’en souvienne, juste avant le renouvellement de son bureau, le PAN avait effectué une tournée mondiale d’un mois. La version officielle des objectifs de cette mission est une véritable fable pour enfants.

Au-delà de tout, comment dans les circonstances actuelles, s’empêcher de penser aux stipulations de l’article 47 de la constitution centrafricaine qui fait du PAN, l’héritier légal incontesté et incontestable du trône suprême ?

Qu’adviendrait-il alors, si un bon matin lumineux ou pluvieux – qu’importe le temps tant que le temps est arrivé -, le Président de la République Faustin Archange Touadera, frappé à son réveil par l’onction et habité par une grâce inouïe – à moins d’être traqué par des maléfices -, venait à prendre, l’irréversible décision de mettre fin à son mandat présidentiel, comme le lui réclament d’ailleurs des Centrafricains mal inspirés ?

Pire – touchons du bois comme on dit en Afrique de l’ouest -, qu’on se le dise : même pour un Chef d’État, « vivre, c’est affronter sans cesse l’incertitude y compris dans la seule certitude qui est notre mort mais dont nous ne connaissons pas la date ». Vous aurez sans doute compris.

En tout état de cause, le sort personnel du Président de l’Assemblée Nationale et de l’ensemble de ses députés, qui en deux ans n’ont visiblement exercé aucun contrôle véritable sur l’action du gouvernement, n’intéresse que très peu le peuple centrafricain, pour qui, les priorités sont ailleurs, et ont pour noms en trois mots : PAIX PAIN SÉCURITÉ.

Demain, dans l’hémicycle du meilleur ou du pire, advienne que pourra !

GJK-Guy José KOSSA
L’Élève Certifié du Village Guitilitimö
Immigré au village frère de KOUÂKÊMBI

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