CENTRAFRIQUE : UN PEUPLE BAILLONNÉ MAIS EN MARCHE – LE PACIFISME RECOLTE LA PRISON

@Lesplumes 12 novembre 2016 0
CENTRAFRIQUE : UN PEUPLE BAILLONNÉ MAIS EN MARCHE – LE PACIFISME RECOLTE LA PRISON

Par Freddy Stéphane MBOULA

Aux Frères Centrafricains, LAKOSSA et MOKOAPI,

C’est avec peine que vos compatriotes centrafricains ont appris votre arrestation au su et au vu de tous. Certes, le silence de nombres de centrafricains reste pour vous dans ces conditions une grande souffrance. Par vos actions comme représentants de la Société Civile, le peuple revendique son droit à la liberté quel que soit le prix à payer. Ce qui est vrai, on continue de tuer des centrafricains.

Vous, à travers la Société Civile, avez sonné l’alarme. Vous avez donné un ton fort pour attirer l’attention des dirigeants. Hélas, le régime, sous prétexte d’une accusation de tentative de déstabilisation du pouvoir, vous fait boire de la mer, et se montre par-là, convaincu de ce que le peuple endure et vit dans le concret et au quotidien.

Frères Centrafricains, LAKOSSO et MOKOAPI,

En   prison,   vous   n’êtes   pas   seuls. Beaucoup de patriotes convaincus et engagés pour la véritable libération du peuple,  sont avec vous en pensée.

Assurément, la MINUSCA, à travers son représentant, en veut à la liberté du peuple. Il y a là des signes précurseurs et probants ayant pour objectif de museler le peuple, et l’affaiblir davantage pour éteindre son élan de la volonté de libération.

La ville morte fut l’expression d’une exaspération profonde, d’une lassitude prononcée de tous les centrafricains. Mais pour justifier la honte, l’irresponsabilité, on nous fait croire une manière de déstabilisation du pouvoir.

Ce scénario politique rappelle quelques événements douloureux de notre passé : les meurtres des regrettés Docteur CONJUGO et Charles MASSI, leader politique. Force est de constater que les bourreaux d’hier sont encore actifs et présents aujourd’hui. Décidément, les imposteurs, les malfrats et les assassins d’hier qui ont pris les armes sévissent et circulent en toute impunité, en toute liberté dans le pays sans s’inquiéter de la Justice. Tandis que des civils qui réclament le droit à la vie, le droit d’exprimer leur souffrance devant le monde récolte le droit de prison. Les dirigeants du pays, le Procureur de la République et la MINUSCA sont susceptibles et prompts de négocier avec les ennemis du peuple connus, et non avec les victimes soutenues par la Société Civile, non-violente et sans arme. Finalement, seul l’homme armé peut se faire entendre dans ce pays de BOGANDA, devenu le pays de tous les paradoxes.

Le patron de la MINUSCA en Centrafrique avait occupé le même poste au Burundi. Il est parti. Son départ de la République Centrafricaine s’avère plus que nécessaire pour la paix au minima dans ce pays.

Le peuple centrafricain demande justice pour l’assassinat des civils de la manifestation pacifique de la journée « Bangui, ville morte ».

Le peuple centrafricain est en droit comme tout autre peuple du monde de saisir la Cours Pénale Internationale pour des atrocités subies et commises par la MINUSCA sur des civils.

Que cessent toutes ces violences quelle que soit leur forme sur la population.

Que le Chef de l’Etat, Faustin Archange TOUADERA, prenne ses responsabilités et tienne son engagement vis-à-vis du peuple qui l’a élu, et au nom duquel et pour lequel il a devoir d’exercer son pouvoir.

Frères Centrafricains, LAKOSSO et MOKOAPI,

Du fond de votre prison, n’encouragez aucune manifestation à caractère violent. Le peuple a en face de lui des téméraires prêts à le mâter. Mais il continue et continuera à demander votre libération, à demander sa libération, pour la paix en Centrafrique.

Les patriotes sont avertis et doivent être prêts à décrier et à braver toute forme d’injustice, imposée par la MINUSCA et le pouvoir en place.

Le peuple vous suit, et le monde nous voit.

Courage et Confiance.

Freddy Stéphane MBOULA

Laissez un commentaire »