CENTRAFRIQUE : QUE SE PASSE-T-IL DANS CE PAYS ?

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Par Adolphe PAKOUA

L’absence d’équilibre que nous connaissons dans notre pays a été accentuée avec l’invasion de la séléka. Cette terrible bourrasque a soufflé sur le pays à cause d’une mauvaise lecture des événements qui ont émaillé notre histoire, carence à laquelle se sont ajoutés l’autisme et la cécité des autorités à écouter le peuple et à percevoir les réalités telles qu’elles se présentaient, pour soigner et anticiper les maux dont le pays souffrait et pouvait souffrir.

Certains de nos manipulateurs ont trouvé dans nos difficultés, une bonne raison de nous maintenir dans l’égarement, en emballant notre crise dans une enveloppe contenant les termes « Conflit confessionnel » ou « Conflit inter-religieux ».

En dépit de nos efforts pour faire comprendre à cette fameuse communauté qu’on appelle « Communauté Internationale » que nos difficultés n’avaient rien à avoir avec un conflit opposant les chrétiens d’un côté et les musulmans de l’autre, nous sommes pourtant tombés dans le piège de choisir certaines de nos autorités sur la base de leur appartenance religieuse, pour la simple raison raison qu’il fallait tenter d’apaiser la situation.

Dans cette logique qui à notre sens est tout simplement illogique, M. KAMOUN, parce qu’il était d’obédience musulmane, avait été porté à la Primature à cause de ses croyances religieuses qui ont été mises en avant au détriment du fait qu’il était avant tout centrafricain et qu’il en avait la capacité, pour être choisi à ce poste.

Les élections majeures se sont tenues et pour soit disant équilibrer nos institutions, un chrétien à la Présidence de la République nous faisait croire qu’un musulman à la Présidence de l’Assemblée Nationale était la solution idoine.

Ce faisant, ne sommes-nous pas en train de donner raison, inconsciemment, à ceux-là mêmes qui nous poussaient hier et qui continuent de nous pousser à nous distinguer en termes de chrétiens et musulmans ?

Aujourd’hui, des soupçons de profonde mésentente entre le Président de la République et celui de l’Assemblée Nationale se font clairement jour au point que désormais certains ne parlent plus que de DÉSTABILISATION de nos institutions ou tout simplement de DÉSTABILISATION de la République.

Une simple question : Si M. TOUADERA et M. MECKASSOUA étaient perçus tout simplement comme centrafricains, sans faire cas le moins du monde de leurs croyances religieuses, le différend qui les opposerait ( bien au conditionnel) pourrait-il prendre une telle ampleur, au point de parler de la déstabilisation de nos institutions ?

Dans un contexte où notre pays n’est plus à la croisée des chemins mais a choisi résolument sa voie à travers le multilatéralisme et une politique de coopération « gagnant-gagnant », ce qui semble être le bon sens, n’est-ce pas l’occasion rêvée de créer véritablement et de renforcer cette Union Sacrée dont le pays a tant besoin ?

Chères autorités et chers hommes politiques de ce pays, réfléchissez-y.

Adolphe PAKOUA

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