CENTRAFRIQUE MON AMOUR ET MON ENFER SUR TERRE

0
168

Je suis Centrafricain et depuis des décennies j’habite l’enfer,
Condamné à y brûler apparemment pour l’éternité,
Par des criminels lucifériens qui ont envahi mon pays,
S’y sont confortablement installés,
Se nourrissent paisiblement chaque jour de la chair de mon peuple,
Et en permanence, étanchent leur soif de sang en s’enivrant du sang des populations.

Depuis des décennies mon sort de main en main
Passe entre les mains de dirigeants balourds,
Lesquels se sont auto- proclamés les uns après les autres,
Dieux-sauveurs,
Dieux-redresseurs,
Dieux- libérateurs,
Dieux- technocrates de la transition.

Mais tous en définitive se sont révélés,
Dieux de l’enrichissement illicite,
Grands prêtres du culte de la personnalité,
Prophètes des temples de la vénalité
Dieux-pourfendeurs des droits et libertés et ennemi de l’impunité zéro!

Aujourd’hui,
Me voici balloté à volonté
Par les dieux-sans-cœurs-unis,
Tous ensemble et d’accord enfin,
Pour me trahir à nouveau
Et se disputer mes restes sans chercher à me guérir.

Diantre !
Que gagnent-ils ainsi,
Á verser gratuitement mon sang,
Á s’enrichir aveuglément sur mon cadavre
Á m’enfoncer profondément dans la fosse où je descends chaque jour?

Voyez et dites-moi donc !

Á Bangui, Kaga-Bandoro, Bambari, Bouca, Bocaranga,
Alindao, Bangassou, Bria, Bakala, Mingala, ici et partout,
Ils ont poursuivi et égorgé mes parents qui se réfugiaient chez eux,
Ils ont abattu mes prêtres et leurs chrétiens en prière à l’église et devant le saint sacrement
Ils ont tué et brûlé hommes, femmes, enfants et vieillards,
Ils ont violé les uns et dépouillé les autres,
Ils ont pillé les biens, emporté le bétail, saccagé les greniers et détruit les champs,
Ils ont incendié les villages et condamné les survivants à mourir de mort lente.

Et mon cœur saigne:
Saigne ô mon cœur !
Saigne ta douleur, saigne ton malheur.
Ton impuissance n’est que silence,
Et ton silence, un immense cri de douleur,
Mais puisse la douleur être ta Prière

Centrafrique mon amour et mon enfer sur terre !
Aujourd’hui,
Tes dirigeants baissent leur froc devant l’ennemi,
Aux faux-amis ils te livrent,
Et au fond du gouffre mortel,
Ils plongent ma tête et la maintiennent.

Centrafrique mon amour et mon enfer sur terre,
Me voici qui me gave de pestilences et me gonfle de merde !
Je mourrai c’est certain.
Mais avant que d’expirer mon dernier souffle,
J’obligerai ceux qui m’ont opprimé et rendu orphelin,
Ceux qui m’ont condamné à vivre veuve ou étranger sur une terre inconnue,
Ceux-là je les obligerai dis-je,
Á inhaler profondément mon haleine de vieille hyène tachetée
Á sucer gloutonnement le lait fermenté des seins de mon corps de cadavre,
Á plonger leur museau d’assassin au fond de mes intestins en lambeaux
Á se goinfrer de mes entrailles pourries de sang et de larmes.

Je le jure face au soleil couchant
Je le jure face au soleil levant,
Ce jour-là, eux, ils mourront et moi, je revivrai pour toujours.

Leave your vote

0 points
Upvote Downvote

Commentaires

0 commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre vote!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.