CENTRAFRIQUE : GÉNÉRAL, JE FAIS CE QUI ME PASSE PAR LA TÊTE

@Lesplumes 10 juin 2016 0
CENTRAFRIQUE : GÉNÉRAL, JE FAIS CE QUI ME PASSE PAR LA TÊTE

Par Adolphe PAKOUA

Depuis la mise en place d’instances politiques démocratiquement choisies par le peuple centrafricain, à travers les élections présidentielle et législatives, nous avons décidé de garder le silence, pour mieux percevoir les présages de ce que les centrafricains souhaitaient en termes de rupture, d’innovation et de signes avant-coureurs, porteurs d’espoir.

Beaucoup d’analystes politiques ont pris le même chemin, pour se taire et observer les premiers pas des nouvelles autorités.

Des centrafricains, et certainement beaucoup, ont pensé que ceux qui lançaient les signaux d’alerte hier, se sont tus aujourd’hui, parce qu’ils avaient la bouche pleine car, appelés à la table de la ripaille républicaine, ils n’ont plu le temps de mettre les projecteurs sur les ombres qui font mal.

Une amie à moi, très sage, m’a souvent rappelé le mal qu’il y avait à réagir par émotion. Et elle a parfaitement raison.

Heureusement que ma plume ne s’agite jamais sur le fait d’une piqûre instantanée. Elle a une tête et un cœur qui se concertent avant de l’inciter à laisser des traces noires sur un bout de papier blanc.

Hier, c’étaient les sbires de BOZIZE qui, en toute impunité, allaient se faire justice dans les bars de BANGUI, en se vengeant de leurs rivaux avec des balles tirées à bout portant dans les bouis-bouis de cette « coquette » capitale.

Nous avions dénoncé, sans sourciller, ces faits à leur époque.

Aujourd’hui, c’est un général,  » combien d’étoiles ? » peu importe, qui se donne le plaisir de passer à tabac un pauvre musicien, un pauvre artiste comme nous, car la musique, la littérature, les arts, sont dans ce pays, rangés dans le placard des gadgets dont le pays n’en a cure.

Mais la question qui nous taraude l’esprit au point de nous enlever le sommeil est celle de savoir, c’est quoi un « Général » ?

Depuis que les troupes et les « Généraux » de l’armée centrafricaine ont baissé culotte face aux « Généraux » sauvages de la SELEKA, à cause de leur propre cupidité et de leur naïveté pour avoir laissé un autre « Général » en faire à sa tête au point de dénuder toute l’armée devant eux, qui peut-on encore appeler « Général » quand les SELEKA nous ont montré que n’importe quel énergumène pouvait porter ce grade, pourvu qu’il ait un pistolet collé à sa ceinture, ou un kalachnikov étroitement serré dans ses mains ?

Sans insulter les officiers supérieurs de ce pays, nous croyons que la rupture que le peuple centrafricain a demandée à travers les urnes, doit se faire non seulement au niveau de la gouvernance du pays, mais aussi à travers nos comportements en tant que citoyens, quelles que soient les positions que nous occupons dans la sphère politique, administrative et sociale.

Beaucoup sont venus d’ailleurs pour nous humilier, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge et nous ne devons pas continuer avec les vieux démons.

BOGANDA a téné nga « Zo koue Zo » ma ha ! La wa la si téné so a ké li na ya ti mé ti i ?

I kè za ti sara bouba la wa ? Molengué ti kodro, a ké molengué ti kodro.

Adolphe PAKOUA

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