CENTRAFRIQUE : C’EST QUOI UNE TRANSITION ?

@Lesplumes 9 avril 2015 1
CENTRAFRIQUE : C’EST QUOI UNE TRANSITION ?

Par Adolphe PAKOUA

Depuis l’éviction de la SELEKA, avec ses aventuriers et brigands de tout poil de la tour de contrôle de l’aérodrome CENTRAFRIQUE, le pays, sans sortir véritablement des zones de turbulences amoncelées lourdement dans son ciel depuis Mars 2013, est entré dans une ère politique que beaucoup ont pensé appeler « TRANSITION ».

Transition, le mot ne peut pas être mieux choisi quand on sait que le CENTRAFRIQUE avait cette incontournable nécessité de passer d’un état à un autre, d’une situation politique calamiteuse à une autre, qu’on aurait ou qu’on pourrait espérer meilleurs.

La transition politique centrafricaine que beaucoup souhaitaient rapide et bien conduite, après avoir souffert d’amateurisme politique, de composition aléatoire de membres influents dont une bonne partie n’étaient là que pour le besoin de leurs propres causes, sans oublier les détours par certaines vilaines pratiques de gouvernance où les biens publics étaient confondus avec l’argent de poche, cette transition, eh bien, ne diffère en rien de la manière dont les affaires publiques ont été conduites précédemment.

Si l’on peut déplorer le fait que la transition ne concerne que le Chef d’Etat de la Transition, son gouvernement et le Conseil National de Transition, on peut tout autant déplorer le fait que les partis politiques ne jouent réellement pas leurs rôles dans cette période transitoire. Nous osons parler de partis politiques là où en réalité il n’y en a pas. Tous ces groupes ne vivent que par le nom. Leurs actions politiques sont à ce point inexistantes sur le terrain, nul besoin de dire pourquoi et de donner des exemples.

Dans une période de transition où nous croyons fermement qu’on ne devait plus parler de « majorité » et « d’opposition », on continue de voir que la classe politique centrafricaine n’a rien tiré du drame qui a frappé, de plein fouet, le pays et son peuple. Elle n’a pas compris que l’action concertée, conjuguée de l’ensemble « autorités de transition, partis politiques », pour ne pas parler de la société civile qui n’est qu’une hydre à têtes multiples et indéterminées, aurait dû être la seule action pouvant permettre au pays d’amorcer, demain, la marche vers la paix, l’unité et la concorde nationale.

Ainsi, dans ce pays où seule la voix des autorités politiques est la seule qui porte et qui doit être entendue, l’on ne peut pas être étonné de voir que les décrets de composition des membres organisateurs du forum national et les modalités d’organisation de ce forum sont l’apanage du Chef de transition, qui peut ignorer royalement l’existence des autres forces politiques, pour concocter une cuisine « forumique » à sa guise.

Les partis politiques de leur part, compte tenu de leurs calculs individualistes, ne peuvent pas se mettre ensemble pour parler d’une seule voix afin de faire que la conduite du forum soit une réussite pouvant garantir l’organisation d’élections libres, transparentes et apaisées.

Nous ne demandons pas qu’une bataille soit engagée entre le pouvoir de transition et les partis politiques, nous voulons simplement que la transition soit une affaire de participation, de collaboration étroite des acteurs politiques responsables, pour arriver à conduire de manière consensuelle les affaires oh combien difficiles qui sont celles d’une transition née à la suite d’un chaos épouvantable.

Nous demandons au Chef d’Etat de la Transition d’être plus à l’écoute du peuple pour être capable de soulager par ses décisions, ses souffrances morales qui ne sont pas moins matérielles que physiques, afin de lui donner suffisamment d’espoir.

Nous demandons aux partis politiques de bien faire la part des choses. L’heure de la campagne électorale n’a pas encore sonné, à moins qu’on l’ait sonnée en catimini, ce qui suppose que la concertation permanente entre les partis politiques et les autorités de transition reste très indispensable.

Aussi, nous croyons que la transparence dans les actions menées et à mener pendant la transition, quelque soit le temps qui lui reste, nous aidera à sortir la tête haute du drame que d’aucuns n’aimeraient revivre.

Adolphe PAKOUA

Un Commentaire »

  1. NADe Berty 9 avril 2015 at 11 h 36 min - Répondre

    Madame la Présidente a commis une énorme bourde en désignant le présidium du prochain forum; cela est non seulement contre-productif mais anti -démocratique.Cela dénote de sa volonté de vouloir tout verrouiller.
    Elle pouvait tout au plus désigner le représentant de la communauté internationale ou du médiateur en qualité de modérateur ou de Président du présidium et laisser la latitude de désigner les autres membres à savoir: les vice- présidents les rapporteurs etc… par l’assemblée du forum.
    Madame Samba Panza qui a eu à prendre part des divers travaux de ce type ne pouvait ignorer qu’il ne lui appartient pas d’autorité de désigner par décret le Présidium…
    Cela suscite une interrogation somme toute légitime: De quoi a-t-elle peur?
    Je ne peux pas préjuger de la moralité des individus choisis par elle comme membre dudit présidium .Néanmoins la forte proximité qu’elle a avec le COORDONNATEUR et surtout le fameux gestionnaire toujours par elle désigné et qui par le passé est trempé dans une affaire de détournement des deniers publics au niveau du Trésor public pose problème moral.
    Il n’est pas trop tard de mieux faire en annulant purement et simplement ces deux décrets contre versés relatifs au forum de Bangui…
    Cela nous évitera un échec lamentable à inscrire à son passif et qui sera de trop.

Laissez un commentaire »