J’ATTENDS DES AUTORITÉS UN EFFORT SUR LA TRANSPARENCE ET LA COMMUNICATION

@Lesplumes 5 septembre 2017 0
J’ATTENDS DES AUTORITÉS UN EFFORT SUR LA TRANSPARENCE ET LA COMMUNICATION

Par Ben ONU

Je prends note, comme tous les compatriotes « Facebookeurs » que cite Roger ANDJALANDJI, de sa légitime réaction face à certaines dérives sémantiques et outrancières que, du reste, bon nombre des compatriotes ont déplorées et continueront à condamner.

Je prends note ensuite de certains appels à la démission, avant le terme de son mandat sanctionné par des élections quoi qu’on en dise, du Président de la République.
Enfin, je prends note des jugements de valeur que l’intéressé applique aux contributions de nos compatriotes et l’en laisse seul juge, tout comme nos compatriotes dont je fais partie sont propriétaires des leurs.

Ces notes prises, mon point de départ sera bien entendu la situation de chaos intégral du Centrafrique, occupé par des bandes armées criminelles depuis un peu plus de deux, voire trois, décennies que nos dirigeants précédents ont eu l’imprudence, assoiffés de pouvoir, de solliciter en continu auprès des pays frères de la RDC et du Tchad afin d’accéder plus rapidement que prévu au sommet de l’État. Ils devaient sans aucun doute croire leur heure arrivée, s’imaginant prendre des bains de pierres précieuses, de minerais stratégiques ou d’hydrocarbures.

La tragique expérience que nous vivons tous est que ces bandes, sans foi ni loi, ont fini par échapper au contrôle de nos compatriotes commanditaires apprentis sorciers, et commettent jusqu’à ce jour des crimes innommables, à la hauteur de la cupidité de leurs commanditaires.
A ce fléau que constituent ces bandes armées criminelles, j’ajoute les maux endémiques du népotisme, de l’affairisme, du clientélisme, de l’incompétence (absence de résultats), de l’indécente apologie de la médiocrité et de l’absence de vision.

Ce sont des faits qui sont imputables aux pouvoirs qui se sont succédé depuis ces trois décennies et je me garde bien de mettre la bonne foi de chacun a priori. Il est juste regrettable que les autorités successives aient autant de mal à se déprendre des mauvaises habitudes dont nous connaissons hélas l’aboutissement inévitable et prévisible.

Partant de ce postulat, ouvert et amendable bien entendu, la publication de Roger ANDJALANDJI m’interpelle car elle apparaît orientée à charge sur la base d’une lecture parcellaire des contributions de nos compatriotes sur Facebook.

Je me concentre particulièrement et volontairement sur les publications contributives des compatriotes et non point à celles qui font polémique comme il l’évoque.

Qu’a-t-il retenu au juste de toutes ces contributions foisonnant de propositions et publiées sur FACEBOOK ?

Les a-t-il consultées dans leur totalité, de façon aléatoire ou plutôt ciblée ?

En toute humilité, j’estime que je contribue dans le respect des institutions, quand bien même je me réserve le droit d’avoir un regard critique sur les réalisations, sur les faits politiques en tant que citoyen disposant de toutes ses facultés d’observation et d’analyse comme mes compatriotes.

Je prétends ainsi participer à ces échanges qui prennent corps à travers mes plumes, l’estomac noué en imaginant la souffrance des compatriotes laissés à l’abandon et à la merci de monstres personnifiés. Je crois d’ailleurs que cette comparaison honore plus les monstres que ces bandes de criminels de quelques bords qu’ils soient, habitués aux bains de sang.
Ces échanges ont pour vocation de co-élaborer, co-construire des scénarios de sortie de crise avec une emphase sur la paix, la justice, la sécurité et l’intégrité territoriale.

Les Autorités depuis la Transition ont défini comme doctrine politique la paix inclusive, coûte que coûte, avec les groupes armés qui, eux, n’en demandent pas tant et s’épuisent à courir après des agendas imposés depuis l’extérieur, sans doute par les pyromanes intéressés par le sous-sol riche centrafricain comme le sont ceux de la RDC, des deux Soudan, de la Libye, de la Syrie, du Venezuela, de la Bolivie… La liste est longue.

La doctrine, dis-je, repose ainsi sur un dialogue inclusif utilisé comme une arme de pacification massive, pourquoi pas.

Je sais par la presse que l’UA, les Présidents CONDE et DEBY ITNO affichent ostensiblement leur choix d’une amnistie générale, afin de soustraire à la justice les criminels de tous bords qui excellent dans la surenchère du sang centrafricain.

C’est à qui disposera de plus territoires, abstraction faite des populations déplacées quand elles ont de la chance sinon assassinées.

Contrairement aux convictions de Roger ANDJALANDJI, les compatriotes sont prêts à soutenir les Autorités si elles réfutent les agendas combinés des bandes armées et de l’extérieur.

C’est même une opportunité pour nos Autorités de renouer avec la population, de bénéficier d’un large soutien national si elles font preuve de compassion et de fermeté face aux groupes armés.

Je suis déçu de constater que la perspective d’une union sacrée repose, pour Roger ANDJALANDJI, dans un alignement intégral sur la ligne officielle des Autorités. Même des zombies se déplacent en fonction de leurs besoins et intérêts, au cinéma fort heureusement.

Quid alors de ces fertiles échanges sur Facebook qui sont tout sauf outrancières ?

Cette question en appelle d’ailleurs d’autres et non des moindres !
Dans l’optique de cette union sacrée, quel bilan tirent nos Autorités de cette politique de la main tendue, noble dans son principe certes, mais destinée à des criminels qui ne comprennent que le langage de la force, le rapport de force et qui ne s’expriment que l’arme à la main ?

Quel bilan tirent nos Autorités de ces appels à la paix, sortes d’incantations de désespoir, mort-nés et infructueux par essence car sous-tendus par aucun levier de pression :

• Quand la MINUSCA laisse circuler les bandes armées dans ses zones de patrouille.
• Quand la France ignore unilatéralement l’accord de défense qui la lie au Centrafrique ? Cet accord est donc caduc et doit être dénoncé afin de permettre la recherche d’autres partenariats.
• Quand aucune poursuite judiciaire n’est enclenchée à l’encontre des groupes armés meurtriers bien identifiés, SELEKA ou ANTI-BALAKA. A ce jour, aucun mandat international n’a été lancé, aucune demande d’entraide judiciaire déclenchée.
• Quand le territoire est grignoté jour après jour.
• Quand aucune action d’empathie envers la population, aucun signe de compassion ne sont envoyés à la population. Cela reviendrait à prendre position clairement contre les fossoyeurs du pays.
Je me garde bien d’énumérer les menaces proférées à l’encontre de ces bandits armés qui doivent bien les distraire entre deux massacres, histoire d’entretenir leurs sinistres réputations.

En matière de stratégie politico-militaire, nos Autorités envoient hélas aux bandits armés des signaux (de faiblesse) forts de leur impuissance, ce que je déplore car source de surenchère sans fonds. Pire, ils constituent un appel d’air à d’autres fous de la gâchette qui font de nos richesses leurs nerfs de la guerre et de notre sol accueillant leur sanctuaire.
Le pays devrait au contraire chercher à développer des moyens de pression en renouvelant les alliances stratégiques dont il sortirait grandi.

Il est peut-être temps de faire un état des lieux objectif qui nous éclairera sur le fait que chanter l’amour, la paix n’a jamais suffi à éviter une guerre. Bien au contraire, faire la paix implique de préparer la guerre et à développer des moyens suffisamment dissuasifs pour l’éviter.

Je suis suffisamment lucide, je le crois, que pour mettre un terme à cette série macabre sans fin, il faudrait reconsidérer les hypothèses et postulats de départ (volonté des criminels à faire la paix et payer pour leurs forfaits) comme cela se fait dans une démonstration …Mathématique par exemple ! Juste une petite pause divertissante !

Je doute fort peu que les criminels vont se rendre à l’abattoir de la justice, seuls comme des grands.

Ils continuent de jouer leurs propres partitions mortelles et le temps est de leur côté comme il l’est pour ces mouvements criminels pro-rwandais qui pillent la RDC et dont la presse ne parle plus.

En réponse à cet autisme caractérisé, avec le respect qui sied aux personnes qui en souffrent, je considère les réseaux sociaux sont un terreau de créativité sain et malsain.

Je fais mienne, à ce titre, des remarques sur les dérives attentatoires constatées qui nous éloignent du sujet central qu’est la crise que traverse notre cher pays.
Si le pays dispose de Think Tanks, il devrait être à l’écoute des idées émergeant de ces réseaux sociaux et s’en inspirer dans les prises de décision. Cela rapprocherait plus les Autorités de la population et constituerait une base contradictoire et pourtant complémentaire pour cette nécessaire union nationale.

Je condamne ainsi le principe même de la pensée unique, de l’unilatéralisme insupportable de nos jours et attend, au contraire, de la transparence sur les actions entreprises par les Autorités, pour nourrir cet esprit dialectique, certes balbutiant, qui se développe.

J’ai pu extraire de cette sortie médiatique les quelques points suivants numérotés par mes soins :

Tous nos compatriotes tirent le même triste constat et c’est un doux euphémisme.

Vous rappelez ensuite la doctrine actuelle de la Présidence :

Reprendre attache avec le développement suppose la maîtrise géospatiale du Centrafrique, avec en face des mercenaires qui se servent sur le tas comme à l’époque médiévale en Occident.

Il est de notoriété publique que négocier sans conditions temporelles et géospatiales est une perte de temps et dénote, hélas, l’impuissance de l’état centrafricain à maîtriser son avenir.

Par ailleurs, considérant que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, le fait de multiplier les conférences villégiatures de paix à l’infini donnera également les mêmes résultats d’échec, en laissant toujours derrière le goût amer d’une fuite en avant et un sentiment d’amateurisme.

À ce jour, je n’ai pas souvenir d’une quelconque défense des intérêts du pays aux Nations Unies par la représentation diplomatique centrafricaine, laissant d’autres en prendre soin et indiquant ainsi que le pays est inexistant.

Cela aussi contribue à ternir l’image du pays et donne l’impression qu’il est sous mandat tutélaire des Nations Unies et donc de la France, membre permanent du Conseil de Sécurité.

Je me suis permis de collecter quelques sujets, en excluant toute idée de démission au regard des institutions et par expérience, qui reviennent souvent sur les réseaux sociaux et qui devraient accompagner la refonte de la stratégie pour la paix du Centrafrique, tant est qu’il en a la latitude :

• Non à l’impunité ! Les Autorités auront le soutien de la population en résistant aux nombreuses sollicitations extérieures sur cette question, en mémoire de nos parents assassinés

• Réorientation des partenariats dans une optique d’inversion des rapports de force sur le terrain ! Au Mali, des voix s’élèvent actuellement pour solliciter la participation de la Russie, alliée de la Chine, aux efforts de paix. Tiens tiens !

Il est juste insupportable de voir les crimes continuer à l’encontre de compatriotes sans défense, puisque la MINUSCA est avant tout une force d’interposition. Cela conforte les rapports de force sur le terrain favorables aux bandes armées, avec leurs relais dans la capitale
• Non au dialogue inclusif simplement parce qu’il faut remettre les bourreaux et les victimes à leurs places respectives
• Nommage et poursuite officielle des bandes armées, de leurs leaders et de leurs commanditaires
• Opacité des actions en cours

J’attends des Autorités un effort sur la transparence et la communication dans le but de transformer la population en véritables partenaires actifs de la paix.

Ben ONU
Citoyen centrafricain

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