0
70

Par Adolphe PAKOUA

La tension que connait la représentation nationale depuis quelques jours ne pouvait être que prévisible car, quand on a des députés disparates à cause de leur coloration indépendante, des députés appartenant à des partis politiques dont ils semblent ne pas avoir une ligne de conduite claire à tenir lors d’une quelconque prise de décision sur des sujets majeurs, et lorsqu’on prend en compte la stratégie employée par l’un des leurs pour parvenir au perchoir, il ne faut pas avoir été à la faculté de la « navigation politique » pour comprendre qu’une telle embarcation ne pouvait arriver indemne à bon port.

Aujourd’hui, la représentation nationale est étrangement divisée avec d’un côté les soutiens du Président de l’Assemblée nationale qui ne voudraient pas le voir se faire déchoir précipitamment de son siège, et de l’autre, ceux de l’exécutif qui ne demandent que sa mise à l’écart.

Et dans cette situation inédite et curieusement stupide, la République, c’est à dire le Peuple, tremble, par peur des suites d’une décision qui risquerait de « tout foutre » en l’air.

Et si tout devait être « foutu en l’air », ce que nous avons beaucoup de mal à croire, ce serait la preuve que nos hommes politiques pêchent bien, certains par orgueil, d’autres par ignorance, quand d’autres encore le font par cupidité.

Ainsi, pêcher de ces différentes manières quand les horreurs de la séléka sont encore vivaces dans l’esprit de chacun et que des centrafricains continuent de perdre leur vie de manière injuste, il faut avoir perdu « le nord » pour être ainsi insensible au point de ne tirer aucune leçon de ces périodes d’horreur, ou il faut tout simplement ne pas se sentir centrafricain pour ne pas compatrir à la douleur de ces pauvres centrafricains dont on feint d’être compatriote.

Nos hommes politiques doivent revenir à la raison, voir les réalités telles qu’elles sont et prendre des décisions en conséquence, en âme et conscience, sans nous exposer en plein visage le spectacle de toutes ces rumeurs d’enveloppes qui ne passent pas par la poste, de verres de vin et de tickets de restaurant luxueux dont le peuple est loin d’imaginer l’existence et les montants.

Les députés avaient choisi eux-mêmes le Président de leur institution et si aujourd’hui une grande majorité demande à le déchoir de cette charge, au point où ceux qui s’y opposent promettent l’enfer au pays, eh bien si vraiment ils sont tous centrafricains et qu’ils pensent à leur pays et à son peuple qui ne demandent que la paix, eh bien ils ont encore une bonne solution pour résoudre ce problème, pacifiquement.

 Cette solution passerait aussi par leur démission collective.

Ainsi, le Président pourra légiférer par ordonnances ou convoquer de nouvelles élections législatives. Après tout deux ans, ça passe vite, et le Président pourra faire son bilan, sans avoir à évoqué l’Assemblée Nationale comme ayant été une entrave à son action. Ceci aura aussi l’avantage de laisser aux députés (futurs candidats) de disposer du temps nécessaire pour mieux se préparer à de nouvelles campagnes.

Cette solution, pourtant très simple et idoine, fera certainement grincer plus d’une dent, les raisons ayant été évoquées plus haut.

Chers députés soyez raisonnables et courageux.

Adolphe PAKOUA

Leave your vote

0 points
Upvote Downvote

Commentaires

0 commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre vote!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.